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Mes 15 lectures québécoises préférées de 2017

Mes 15 lectures québécoises préférées de 2017

René Cochaux m’a demandé de dresser ma liste de lectures incontournables de 2017 pour son émission à la radio : « Le Cochaux Show » sur les ondes de CFLX 95,5. Toujours une tâche difficile de faire ce genre de listes, je vous présente donc, mon « Top-5 » en version audio.  Plus loin, vous allez trouver la suite de ma liste de mes lectures marquantes de l’année en littérature Québécoise. Il y a, bien entendu, quelques dizaines d’autres incontournables… mais comme il faut choisir, voici cette liste. Je vous propose de me suivre sur le site GoodReads, où je répertorie toutes les lectures au fur et à mesure de celles-ci…

 

 

(c) Blogue Page par page. Merci pour la photo et l’entrevue!

 

 

 

 


Mes 15 lectures préférées en littérature québécoise de 2017

 

1. Karoline Georges – De Synthèse (ALTO)

L’une s’immobilise devant les fenêtres de sa maison en banlieue avec le poids de la mort au creux du ventre; l’autre cherche à traverser l’écran pour se transformer en image grâce à son avatar numérique, en quête d’absolu. L’une a donné naissance à l’autre, qui tente maintenant de renaître à travers un corps virtuel, loin de la morosité du nid familial. Récit d’une lumineuse lucidité propre à ouvrir les consciences et à faire vibrer les âmes, De synthèse met en lumière l’aboutissement d’une relation filiale du point de vue d’une femme-image renouant avec sa famille au moment où sa mère entre en phase terminale, au terme d’une longue période de dégénérescence. C’est une histoire de corps, de disparition, de reflets, de composition et de décomposition. C’est l’histoire d’une image à parfaire, par-delà le désastre de la chair.

Remarquable , une lecture touchante et vraie qui reste en tête longtemps… Karoline Georges au sommet de son art et pour qui on ne peut qu’espérer qu’il y aura encore d’autres dans un avenir rapproché… Une écrivaine unique à découvrir absolument !

 

 

 

2. Christophe Bernard – La bête creuse (Le Quartanier)

Christophe Bernard nous offre une fresque foisonnante, une chronique familiale hors-norme, nourrie par l’humour et la langue irréductibles de cette Gaspésie qu’on se raconte encore là-bas, dans les bars d’hôtel ou au large de la baie des Chaleurs.

Possiblement le roman le plus réussi de l’année ! Une grande fresque à l’imaginaire fantastique et déroutante. À lire et à savourer sans retenue ! Un roman aux proportions épiques ! Un conte pour adultes ou les bêtes ne sont pas celles que l’on peut s’imaginer. Déroutant et Brillant premier roman d’un auteur à suivre…

 

 

 

 

 

3. Mikella Nicol – Aphélie (Cheval D’aout)

Une jeune travailleuse de nuit qui a toujours vécu par le regard des hommes voit ses habitudes bouleversées le soir où, dans un bar, surgit Mia, qui ne quittera plus ses pensées. Puis il y a cette autre fille qui a disparu et dont l’image passe en boucle au téléjournal. Prise de court, la narratrice tente de ralentir la dérive qui l’éloigne de son couple, et d’étouffer les souvenirs de B., ancien amour violent et magnétique. Le temps d’un été caniculaire et étrange, les personnages d’Aphélie dévieront de leur trajectoire pour se heurter à pleine force.

Une des nouvelles voix les plus fortes de notre littérature! Un second roman tout aussi réussi et assuré. Un roman sur les difficultés de l’amour, actuel, jamais cynique. La plume vibrante de l’auteure sera vous toucher. À mettre entre les mains de tous!

 

 

 

 

 4. Elie Maure – Le cœur de Berlin (Allusifs)

À l’approche de la cinquantaine, Simon vit seul par choix en compagnie de son chien, Berlin. Il trompe l’ennui d’un été caniculaire en s’adonnant à sa passion pour le vélo. Rouler le plonge dans un état salutaire,où il parvient à dompter sa mémoire et à éloigner sa peur de l’échec. Un passage par le quartier montréalais de Verdun fait remonter à la surface le souvenir de son père, mort à cet endroit, et de sa soeur, Béatrice, qui a depuis disparu. Lorsque Berlin, vieillissant et malade, doit être euthanasié, l’aiguille du vétérinaire qui perfore son coeur pour l’injection fatale transperce aussi celui de Simon. Ce dernier décide de retrouver sa soeur, convaincu qu’elle se trouve toujours quelque part. En revoyant ceux qui l’ont côtoyée, il va peu à peu reconstituer le puzzle d’une histoire familiale vénéneuse et voyager à travers sa mémoire jusqu’à son enfance passée en Afrique du Nord, enfance qui aurait pu être heureuse, le poids du passé eût-il été plus léger.

Le narrateur nous transporte dans une quête où les secrets de famille et les non-dits refont surface de façon inattendue et le bouleverseront. Ira-t-il jusqu’au bout de ses recherches? C’est d’une écriture forte et assurée que l’auteure nous propose un premier roman intrigant, puissant et remarquable!

 

 

 

5. David Goudreault – Abattre la bête (StankÉ)

Après les retentissants succès de La Bête à sa mère et La Bête et sa cage, David Goudreault conclut sa trilogie avec Abattre la bête ; des explosions d’amour et de violence pour une finale apocalyptique digne de ce nom.

« À la fin de ce récit, je vais me tuer. Et puis mourir. C’est ainsi. Toute bonne chose a une fin, mais moi aussi. »

 

Troisième et dernier tome de cette série déconcertante. Et quelle finale! Avec son langage animé, coloré et truculent, David Goudreault met le point final à l’histoire de ce jeune homme antipathique qu’on aime pourtant détester. Un roman peu commun, jamais banal, à la proposition hasardeuse et écrit avec une grande sensibilité. Malgré ses travers et sa tendance à commettre des méfaits, on est ému encore une fois par le destin de ce personnage naïf, empathique mais aussi brillant que rusé… et si maladroit! Ce personnage me manque déjà . Incontournable et à lire impérativement!

 

 

6. Sévryna Lupien – Je ne suis pas de ceux qui ont un grand génie (Stanké)

«Moi, Auguste sans nom de famille, j’allais changer le monde, s’il existait réellement.»Auguste n’est pas de ceux qui ont un grand génie. Mais il a un plan : s’enfuir de l’orphelinat Sainte-Marie-des-Cieux. Sur son chemin, il rencontrera des alliés qui seront charmés par ses perceptions candides et décalées de la vie ainsi que par sa sagesse d’enfant. Cependant, les apparences sont trompeuses… Un roman qui enchante, qui étonne et qui, surtout, démontre magnifiquement que «l’imagination est plus importante que le savoir» (Albert Einstein).

Sévryna Lupien propose un premier roman surprenant, sur un ton fantaisiste et enchanteur : l’histoire d’un jeune enfant qui tente de s’évader de l’orphelinat où il habite. Lorsqu’il y réussit, les rencontres qu’il fera, alors, seront déterminantes. La sensibilité du personnage et son regard sur le monde qui l’entoure surprendront au détour des pages. Le lecteur se laissera emporter dans cette quête vécue par ce personnage attachant. L’univers ludique, poétique et surtout vivant de l’auteure plaira assurément aux lecteurs curieux. Un texte tout en simplicité sur l’amitié, mais aussi sur l’imagination qui peut nous transporter ailleurs, parfois bien loin… Une belle surprise!

 

 

 

7. Michael Delisle – La palais de la fatigue (Boréal)

Un garçon et son frère habitant la banlieue adoptent un ours à la patte coupée. Un jeune homme qui rêve de poésie fait son entrée dans les cercles littéraires guidé par son mentor. Un homme d’âge mûr va camper avec son frère et son neveu et raconte à ce dernier l’histoire de leurs ancêtres gallois. Un écrivain est bouleversé de voir un de ses amis, photographe de grand talent, tout simplement décider de mettre un terme à son oeuvre. Comment naissent les récits ? Comment se transmettent-ils au sein de la famille, de la fratrie ? Comment modèlent-ils nos vies, souvent à notre insu ? Pourquoi décide-t-on un jour de les écrire pour que des étrangers les lisent ? Pourquoi pourrait-on également un jour décider de se taire et de les garder pour soi ? «Voir un homme abandonner son oeuvre me fait de la peine. C’est pour ça que je persiste, même si le terme se dessine. Mon ami Jogues a achevé sa carrière pour ne pas se taper son agonie. Cette superbe m’est étrangère. Je travaille avec une ambition de plus en plus élémentaire. J’écris pour voir à quoi la vie ressemble, une fois écrite.»

Ces textes, présentés comme des nouvelles, se lisent comme un roman. On y retrouve la famille, une relation conflictuelle entre frères, une dépendance entre un enseignant et un élève, un artiste qui croit voir venir l’achèvement de son œuvre… Tout ceci est une façon bien primaire, je le conçois, de décrire un tel livre! Fidèle à son habitude, ce brillant écrivain ne nous propose rien de moins qu’un parcours aux confins de la séduction, du désir… et de la finalité de toute chose. Je suis encore ému de cette lecture et d’avoir retrouvé un Michael Delisle au sommet de sa forme après son livre précédent, Le feu de mon père (gagnant du Grand Prix du livre de Montréal). Ce nouvel opus est tout aussi puissant et réussi!

 

8. Audrée Wilhelmy – Le corps des bêtes (Leméac)

Osip se refuse à sa nièce. Il ne lui montrera pas comment « faire le sexe des humains », même s’il ne voit pas trop qui pourra le lui enseigner sur le rocher qu’ils habitent avec le reste du clan. Il n’a pas pitié de Mie. Elle appartient à cette plage qu’il observe depuis la plateforme du phare où il passe ses journées. Seuls l’intéressent les bateaux étrangers et la femme de l’aîné. Celle-ci n’a ni la pudeur de la Vieille, ni les manières des femmes qu’il a croisées jadis à Seiche. Son frère l’a engrossée dès son arrivée à Sitjaq, mais qui s’en soucie ? Sur ce bout de terre rocailleux, les bêtes sont à qui les prend.

 

Audrey offre un nouveau roman déroutant et complètement fascinant ! Une fable sensuelle sur le désir… l’amour. Elle propose encore une fois un roman à l’écriture puissante et prouve qu’elle est une de nos plus grandes écrivaines!

 

 

 

9. Jean-Simon Desrochers – L’année noire (T.1) : Les inquiétudes (Herbes Rouges)

Parti faire un tour de vélo dans son quartier de l’Est montréalais, Xavier, huit ans, n’est pas rentré souper. Même si la relation de ses parents bat de l’aile, l’hypothèse de la fugue est rapidement écartée. Pour Diane et Alexandre commence une année noire. Les mois passent et les pistes se multiplient. Alexandre a installé un «centre de recherche» dans son bureau, profitant de l’aide de voisins transformés en bénévoles pour l’occasion. Alors qu’il parcourt le Québec à la poursuite d’indices, Achille, son beau-frère, ex-enquêteur à la morale vacillante, suit la piste des réseaux de pédophiles sur Internet. Est-ce dans ces vidéos horripilantes qu’il retrouvera la trace de Xavier? D’un chapitre à l’autre, comme si la noirceur s’étendait jusqu’à eux, c’est la vie des habitants de tout un quartier qu’on suit. Les inquiétudes forment le premier tome du roman L’année noire, le plus ambitieux projet romanesque de Jean-Simon DesRochers depuis La canicule des pauvres. Toujours fasciné par la solitude de ses personnages et par les artifices qui la camouflent, l’auteur prouve ici, une fois de plus, qu’il ne craint pas de plonger dans la part obscure de l’être humain. Pendant six mois, Les inquiétudes suivent la vie d’une vingtaine de personnages habitant le même quadrilatère. Fidèle à sa narration précise qui se colle aux corps, à ses dialogues vifs et sincères, Jean-Simon DesRochers nous immerge dans une histoire où personne ne sera épargné.

 

Si vous n’avez jamais plongé dans l’univers de Jean-Simon Desrochers, laissez-vous surprendre par ce roman noir, très sombre mais pourtant addictif et surtout d’une richesse tant par les personnages que par l’intrigue et le style de l’auteur. Une grande oeuvre en deux partie. Plongez !

 

10. Kevin Lambert- Tu aimeras ce que tu as tué (Héliotrope)

Le grand-père du jeune Faldistoire se prend pour un fantôme, la mère de Sylvie pratique la sorcellerie et lit l’avenir dans les tarots tandis que, sous le vernis de la normalité, le père de Sébastien cache de sombres desseins. Faldistoire, Sylvie et Sébastien fréquentent la même école primaire, puis, au secondaire, le même collège privé. Où Almanach les rejoint pour devenir, un jour, l’amant de Faldistoire. Non loin de là, dans le cimetière, sous le regard inexpressif des crapauds, de nouveaux trous sont sans arrêt creusés. Car il ne fait pas bon vivre pour les enfants de Chicoutimi : viols, accidents tragiques, meurtres insensés. Heureusement, la plupart d’entre eux reviennent après le trépas. Ils s’apprêtent à prendre leur revanche. Un roman rageur et foisonnant, mené au pas de charge.

 

Complètement soufflé par la force de ce récit atypique, mystérieux et fantastique de ce jeune auteur. Chicoutimi comme vous ne l’avez jamais …lue !
Se jouant des codes du genres, Kevin Lambert revisite avec brio les légendes tout en faisant de beaux clins d’œil à certains de nos classiques littéraires! Brillant et remarquable premier roman! Un auteur à suivre…

 

11. Olivier Sylvestre – Noms fictifs (Hamac)

Après dix années passées dans l’antre de la bête, un intervenant nous ouvre la porte de son centre de répit pour toxicomanes, avec sa sonnette stridente et sa vitre pare-balles, sa lasagne, ses larmes et ses espoirs fous, malgré tout. Au contact de multiples vies marquées par la rue, la consommation, l’abandon, Olivier nous entraîne dans leur univers déconstruit. Chronique fabriquée, mémoires imaginaires, impossibles chevauchées dans les rues de Montréal, ces récits sont ceux d’un intervenant à tout jamais transformé par les moments surréalistes qu’il a partagés avec ces êtres plus grands que nature, pendant un petit vingt-quatre-quarante-huit heures. Et de toutes les fois où il a reconnu une part de lui-même en eux.

 

Olivier Sylvestre propose un livre remarquable! Une lecture belle et touchante, humaine et vivante. D’une belle sensibilité , l’auteur propose ces vignettes vivantes comme autant de visages de ceux que nous tentons trop souvent de ne pas apercevoir… Un livre à lire absolument et particulièrement en ce temps des fêtes, par un auteur que l’on va suivre !

 

 

12. Sophie Bouchard – Jeanne (À l’étage)

Père de famille bienveillant et travailleur apprécié de tous, Jean ne peut plus ignorer une pensée tenaillante : il est une femme.

Sa décision entraîne des réactions vives de la part de sa femme, sa mère, ses enfants, en plus de ses collègues de travail. Le prix à payer est beaucoup plus élevé que prévu. Mais, pour une fois, la vie de Jeanne passera avant celle des autres, malgré les peines, les doutes et les conflits. Une histoire touchante portée par une écriture fougueuse, Jeanne pose un regard d’une grande justesse sur le difficile processus de changement d’identité sexuelle.

 

Magnifiquement écrit. Ce roman dont l’écriture précise de la psychologie du personnage principal est d’une redoutable efficacité. C’est touchant. C’est beau. C’est vrai !
Bravo !

 

 

13. Maude Deschênes-Pradet- Hivernages (XYZ)

Hivernages est un roman troué ; un hiver qui ne s’est pas terminé, raconté par fragments et dans le désordre. Différents personnages tentent de survivre au froid, à la solitude, à la mort. Deux sœurs qui s’aiment trop, une fillette aux mains crochues, un garçon qui refuse de se couper les cheveux, un vieux qui a oublié son nom, des vieilles qui mangent des beignets dans une ville souterraine, une femme qui n’a jamais connu d’orgasme, tous survivent à la tempête dans un paysage d’aurores boréales. L’écriture de Maude Deschênes-Pradet, déjà remarquée avec son premier roman, La corbeille d’Alice, évoque à merveille l’hiver, le froid, la solitude, la résilience. Si l’histoire est racontée avec une certaine retenue, de la pudeur et beaucoup de délicatesse, il y a aussi, dans Hivernages et ses scènes saisissantes, une véritable puissance d’évocation poétique d’un univers fantastique, post-apocalyptique.

 

Une belle surprise de fin d’année ! Lecture idéale en cette période froide… Une dystopie sur un hiver qui ne se termine plus, sur le froid et la neige, mais surtout sur la chaleur humaine. Un roman sur les bêtes qui rodent… et celles qui prendront soin de nous!

 

 

14. Maxime Raymond Bock – Les Noyades secondaires (Cheval d’août)

« Mots à retardement dans les alvéoles prêtes à rompre, histoire sans adjectif d’une île qui s’enfonce : il s’insinue bien plus que de l’air dans les cinq lobes de nos pou­mons, où conspirent les dommages collatéraux, les oedèmes sublimes qui nous achèveront de l’intérieur, nous les semi-noyés. » Amis d’autrefois, amoureux incertains, familles amochées, artistes se mesurant à la puissance de l’art et athlètes déchus – trahis par leur corps défaillant – se côtoient dans une ville de Montréal chargée des traces fuyantes de son passé : Les noyades secondaires regroupe sept histoires pétries d’humour noir et de mélancolie, dans lesquelles l’étrangeté flirte parfois avec le fantastique, et où la férocité se conjugue à la vitalité de la langue.

 

D’une belle virtuosité, ce recueil de nouvelles nous plonge dans le Montréal d’hier, avec des personnages plus grands que nature mais qui baignent dans des eaux d’une grande poésie tant par la sensibilités des personnages que par la brillance de l’oeuvre!

 

 

 

15. Marie-Renée Lavoie (Autopsie d’une femme plate) (ZYX)

Quelques jours avant les festivités marquant leur vingt-cinquième anniversaire de mariage, Diane Delaunais, quarante-huit ans, est délaissée par son mari, parti vivre une histoire d’amour avec « quelqu’un d’autre (sexe non déterminé, mais prévisible) », assurément plus jeune. Une histoire banale ? Pas vraiment… puisqu’elle est racontée par Marie-Renée Lavoie avec le sens de l’observation et la grande vivacité d’esprit qu’on lui connaît, le tout agrémenté d’une bonne dose d’humour et de tendresse.

Diane se voit larguée par son mari, presque 25 ans après leur mariage. La quarantenaire, déboussolée voit son petit monde être chambardé… Prémisse plutôt simpliste pour un roman fort surprenant! Marie-Renée vise juste avec le ton apporté dans ce nouveau roman, autre virage dans la bibliographie de l’auteure.

Elle aborde avec tendresse et honnêteté le sujet de la séparation. Elle traite le sujet avec avec aplomb et humour. Un roman brillant, qui nous fait réfléchir sur la fragilité du couple, certes, mais aussi sur la liberté de chacun et la nécessitée de rester soi-même! L’auteure de “La petite et le vieux” nous propose ici un roman différent… mais pas tant que ça, au fond! De beaux petits clin d’œils à ses romans précédents, ici et là, ajoutent au plaisir! Ne boudez pas le vôtre. Lisez ce beau roman!

 

MENTION SPÉCIALE :

Un titre hors-Québec mais publié par un éditeur québécois.

Homo-Sapienne de Niviaq Korneliussen (La Peuplade)

Révélant une voix exceptionnelle, Homo sapienne suit la vie de cinq jeunes dans la ville de Nuuk, capitale du Groenland. Ils vivent des changements profonds et racontent ce qui, jusqu’à maintenant, a été laissé sous silence : Fia découvre qu’elle aime les femmes, Ivik comprend qu’elle est un homme, Arnaq et Inuk pardonnent et Sara choisit de vivre. Sur « l’île de la colère », où les tabous lentement éclatent, chacune et chacun se déleste du poids de ses peurs.

Niviaq Korneliussen manie une langue crue, sensible et indomptée. Elle parle du désir universel d’être soi, socialement, intimement, confiante que les cœurs et les corps sauront être vrais.

L’éditeur québécois propose un titre encore une fois remarquable. Moderne. Riche et profondément humain sur l’amour universel, l’estime de soi et inévitablement de l’autre …

 

 

 

Et vous ? Quelles sont vos lectures marquantes de 2017 ?

 

 

Rencontre inspirante avec l’auteur Alexandre Jardin

Rencontre inspirante avec l’auteur Alexandre Jardin

Le 8 décembre dernier, nous recevions l’auteur français Alexandre Jardin à la Librairie de Verdun. Une belle rencontre inspirante avec un auteur franchement sympathique et sensible!

Voici la discussion que nous avons eu ensemble et diffusée en direct sur facebook:

Lire l’entrevue que j’ai donné au journal local « Le Messager/Journal Métro » à la veille de l’événement, en cliquant ici.

Photos :

(c) Photos : Anne Kalou

Ma bibliothèque idéale … pour le Salon du livre de Montréal 2017

Ma bibliothèque idéale … pour le Salon du livre de Montréal 2017

Plusieurs libraires réunis au Salon du livre de Montréal, qui a eu lieu du 15 au 20 novembre 2017 à la Place Bonaventure, accueillaient les visiteurs, à la Maison des libraires tenu par l’ALQ et Les libraires. Accompagnés de leur bibliothèque idéale, ils vous suggéraient leurs coups de foudre littéraires.

Voici ma bibliothèque idéale (principalement des nouveautés de la dernière année) :

Comment un album de Madonna m’a marqué , y a plus de 25 ans !

Comment un album de Madonna m’a marqué , y a plus de 25 ans !

Les 25 ans de l’album « Erotica » de Madonna ou comment cet album m’a marqué et pourquoi il demeure l’un de mes préférés de Madonna.

Beaucoup de choses peuvent se passer en 25 ans. 25 ans, c’est le tiers d’une vie normale d’un être humain, aujourd’hui. Que peut-on accomplir en 25 ans ? Combien de chemin pouvant nous parcourir ? Beaucoup!

Il y a 25 ans, nous étions en 1992. En octobre, je venais tout juste d’avoir 20 ans, quelques mois plus tôt. Le disque et le livre « Sex » de Madonna paraissent… Quelques semaines auparavant, un premier extrait fut lancé. « Erotica », hymne sulfureux et sensuel, donne le ton à l’album à paraitre.

Durant cette période qui précèdent la sortie d’« Erotica », je tombe éperdument amoureux d’un garçon, pour la toute première fois! Cette sensibilité nouvellement dévoilée, se mélangent à tous les interdits qu’il suppose et auxquels je m’inscris, bien malgré moi.

Par le plus beau des hasards, Madonna, mon idole depuis l’adolescence, se présente avec ce projet de chansons, de musique, de textes et de photos. Cette œuvre est une sorte d’hymne à la découverte, à la lutte contre la censure, à l’ouverture envers son prochain, sans aucune discrimination. Par son anticonformiste, son côté féministe et ultimement, combattant l’homophobie, « Erotica » arrive à point!

Madonna propose avec ce nouvel album, une trame sonore idéale à cette quête, cette aventure avec moi-même. Un autre monde s’offre à moi.

Il est vrai que dans le petit patelin d’où je viens, les figures d’homosexuels se faisaient plutôt rares. Même si je prends rapidement la décision de « sortir du placard » auprès de mes amis et de mes parents, la crainte d’être jugé et rejeté m’empêche de mettre mes plans véritablement en route…

Je savourais des plaisirs intimes avec ce garçon tout en écoutant différentes musiques, mais souvent, c’était le disque « Erotica » qui était témoin de nos corps enivrés de cette sensualité qui nous faisait tant de bien.

Il est aussi vrai de penser que je me sens, pour la toute première fois, bien avec moi-même, dans les bras de quelqu’un. J’avais vécu de doux moments de tendresse avec quelques copines. Je me souviens du premier « french kiss » que j’ai échangé avec ma première «blonde», devant l’autobus scolaire en secondaire. Et comment j’ai laissé ce sentiment m’habiter durant des heures!  Je pouvais passer des heures au téléphone avec cette fille, souvent sans rien dire. Simplement l’entendre respirer, pendant qu’elle faisait ses devoirs ou qu’elle dessinait, m’enivrait d’amour.

Mais ces nouvelles sensations, cette proximité si longtemps refrénée avec un autre garçon, ces moments de passion, de rencontres improbables et interdites, me transformaient lentement. Je devenais moi-même!

Madonna, avec ses chansons, me disait de foncer. Elle me signifiait que tout était possible pour celui qui aime. Ses rythmes sensuels, ses refrains accrocheurs, ses textes directs et provocateurs m’inspiraient. Dans « SEX », j’avais l’occasion de voir, pour l’une de rares fois dans ma vie, des photos où l’on montrait des hommes qui s’embrassaient, s’enlaçaient… J’observais des corps nus, là sous mes yeux…

Même si j’étais majeur au moment de sa parution, j’étais toujours nerveux, quand on me demandait de voir le livre. Je ne voulais pas être témoin de commentaires désobligeants sur certaines de ses images. Je sentais qu’il me jugerait aussi…

 

Heureusement, j’avais une bonne amie à cette époque. Comme moi, elle raffolait de cet album. Je me souviens du moment où nous avions enfin pu mettre la main sur le livre « Sex » dans une librairie, en banlieue de Montréal, lors de vacances que nous avions pris ensemble. Les exemplaires étaient

pratiquement introuvables, quelques jours après sa sortie. Je me rappelle combien nous étions excités de découvrir les pages de ce magnifique objet, sur un banc dans une allée, au milieu d’un centre d’achat, entourés de tous ces gens. Plus rien n’existait!

Je me remémore avec nostalgie de ces soirées que nous avons passées à écouter cet album, étendu sur mon lit, main dans la main, à refaire le monde. Nous avions des projets. Je voulais écrire des nouvelles érotiques. Elle désirait faire de la photo. Nous inspirions à vivre ensemble dans une société où tous s’aimeraient. Ou je trouverais mon amoureux. Ou elle rencontrerait le sien…

À cette époque, on consommait la musique d’une façon différente, certainement! Nous écoutions les albums dans leur entièreté. On passait rarement d’un disque à un autre… Ceux-ci étaient souvent plus homogènes et ils avaient parfois des thèmes centraux. Véritable album-concept, « Erotica » proposait différentes chansons dont les sujets tournaient autour de l’érotisme et de l’amour, comme la reprise de « Fever », avec son « beat » House, une invitation à se défouler sur la piste de danse… et de séduire!

Dans ce bar où nous sortions à l’occasion, nous demandions au DJ de faire jouer quelques-unes des pièces de ce disque. « Thief Of Hearts » revenait souvent dans nos requêtes. Cet extrait, aux sonorités House et Dance, nous donnait l’impression de nous déhancher sur ce que l’on écoutait dans les clubs de mégalopoles comme Montréal ou New York, nous qui habitions cette petite ville… loin de tout ça.

Sur cet album, l’un des textes les plus réussis est sans doute « Where Life Begins ». Sous un enrobage R & B, Soul et Jazzy, Madonna parle (plus qu’elle ne chante) des biens faits du sexe oral! Sublime poésie brulante et d’un érotisme sans tabous, cette chanson figure au palmarès de ses compositions les plus iconiques, selon moi.

I’d like to direct your attention
To something that needs directing to
A lot of people talk about
Dining in and eating out
I guess that’s what this song’s about

I know this is not a dining room conversation
And you don’t have to listen if you don’t have the time
But let me remind you
In case you don’t already know
Dining out can happen down below
(…)
Now what could be better than a home cooked meal
How you want to eat it depends on how you feel
You can eat all you want and you don’t get fat
Now where else can you go for a meal like that
It’s not fair to be selfish or stingy
Every girl should experience eating out
Sometimes when I come home from a hard day at work
I swear it’s all I can think about

La table est mise !

L’une des chansons, malheureusement moins connues de Madonna, que j’affectionne le plus est « Why’s It So Hard ». Avec son rythme dansant, cette pièce est un plaidoyer à la tolérance, la bienveillance et le respect de l’autre. Elle suppose que les vrais changements passent souvent par soi-même.

Dans les moments de doutes ou même lorsque j’étais victime d’intimidation, je pouvais entendre cet extrait et cela me rassurait. Je ne sentais plus seul. Il y avait dans ce monde, des gens comme mes amis, comme Madonna, qui ne me jugeaient pas.

Why’s it so hard to love one another / Why’s it so hard to love
another

(…)

What do I have to do to be accepted
What do I have to say
What do I have to do to be respected
How do I have to play
What do I have to look like to feel I’m equal
Where do I have to go
What club do I have to join to prove I’m worthy
Who do I have to know

I’m telling you brothers (brothers), sisters (sisters)
Why can’t we learn to (why’s so hard) challenge the system
Without living in pain
Brothers (brothers), sisters (sisters)
Why can’t we learn to (why’s so hard) accept that we’re different
Well, before (why’s so hard) it’s too late

(…)

Bring your love, sing your love
Wear your love, share your love

(…)

Love your brother now
Show your sister how

Même si « Words » fait plutôt référence à une relation qui semble se construire sur le mensonge, elle m’a certainement insufflé le besoin de m’exprimer, à ne rien cacher. Il fallait que je parle avec mes parents de mon homosexualité : « Speak your mind/Be persuasive… ». Comme une inspiration, cette phrase, comme cette chanson résonnait en moi.

But your actions speak louder than words
And they’re only words, unless they’re true
Your actions speak louder than promises
You’re inclined to make and inclined to break
Words, they cut like a knife
Cut into my life
I don’t want to hear your words
They always attack
Please take them all back
If they’re yours I don’t want anymore

(…)

Don’t mince words, don’t be evasive
Speak your mind, be persuasive
A pledge, a commitment, communication… words

Au moment où j’ai finalement décidé de parler à ma famille de ce que je vivais au fond de moi, je savais l’importance de cette étape. J’étais sur le point de m’ouvrir, je prenais la bonne voie. L’unique chemin possible. Ma route. Je ne pouvais plus reculer. Je n’étais pas seul. J’avais mes meilleures amies. J’avais la musique et les paroles de mon idole qui me réconfortaient. Mais au-dessus de tout, je souhaitais que mes parents soient toujours là pour moi… et qu’ils m’aiment.

Aujourd’hui, 25 ans plus tard, j’écoute encore ce disque. Signe que les temps changent, sur mon ordinateur. Très souvent, même. Il fait partie de mes albums préférés de tous les temps. Non seulement dans la discographie de Madonna, mais dans toute cette musique qui a traversé les époques avec moi.

C’est surement grâce à ces enregistrements, comme « Erotica », tous ces livres que j’ai lus, ces films que j’ai vus, ces spectacles que j’ai assistés, ces voyages que j’ai faits, ces gens que j’ai rencontrés; toutes ces expériences m’ont certainement aidé à être une meilleure personne…

Aujourd’hui, 25 ans plus tard, à l’aube de la cinquantaine, à quelques mois de la parution de mon premier livre, encouragé par ceux que j’aime, je suis près de celui que je souhaitais devenir quand j’étais plus jeune.

Aujourd’hui, 25 ans plus tard, amoureux d’un homme fantastique, heureux dans un travail qui m’anime, entouré de bons amis, la tête encore pleine de projets… je sais qu’il est là, mon « Secret Garden » qui me nourrit, que j’habite et que j’entretiens avec passion et respect.

Je salue et remercie la vie d’avoir mis Madonna sur mon chemin. J’applaudis le talent et la détermination qu’elle a eu de produire un album comme « Erotica ». Je ne suis certainement pas le seul. D’autres, à différents niveaux, de différentes façons, ont grandi, évolués… peut-être grâce à ce disque!

Je suis celui que je suis. J’aime celui que je suis devenu.

 

Montréal
Octobre 2017


EN COMPLÉMENT :

Écoutez l’album ici :


Cliquez ici pour accéder à mon site internet LaMadonnatheque afin de visualiser des compléments à ce texte comme des photos, des vidéos et autres extraits.

 

 

Entrevue pour « Livres Hebdo » janvier 2017 : « Québec : le renouveau de la librairie indépendante »

Entrevue pour « Livres Hebdo » janvier 2017 : « Québec : le renouveau de la librairie indépendante »

Pendant le Salon du livre de Montréal, en novembre dernier, j’ai été invité à répondre à quelques questions pour la revue spécialisée « Livres Hebdo » publiée en France mais aussi dans toute la francophonie.

Voici un extrait de l’article:

 » À Verdun, une commune populaire en pleine « boboïsation » à l’ouest de Montréal, la Librairie de Verdun a fait une percée spectaculaire. Après avoir racheté et rebaptisé il y a dix ans le petit magasin Sons & lettres, Philippe Sarrazin en a fait une des librairies les plus en vue de l’agglomération montréalaise, avec un développement continu. « L’essor de la librairie procède de la dynamique de l’achat local, inspiré du mouvement « buy local » aux Etats-Unis, et sur un gros travail d’équipe », explique Billy Robinson, l’un des cadres de l’établissement. Au printemps 2016, la Librairie de Verdun a déménagé dans un ancien local industriel de près de 300 m2 qui fut un « magasin général » puis une église baptiste sur la rue Wellington, l’axe central de la commune. Elle intègre un café et est fortement présente sur les réseaux sociaux. Le rayon jeunesse occupe près de la moitié de la surface de vente. « Les ventes ont fortement progressé, de même que la participation à nos activités et la présence des clubs de lecteurs », se réjouit Billy Robinson, lui-même blogueur, chroniqueur à la radio montréalaise CKVL et dans l’émission « La librairie francophone« , diffusée en France sur France Inter, qui poursuit : « La clé, c’est de ne pas abandonner. Il faut se battre pour démontrer que les libraires sont là pour apporter du conseil et du service, que nous sommes des spécialistes. »

Lire l’article au complet ici

 

À suivre…

À suivre…

#SecretProject2018

 

Il fait froid, on abandonne Instagram et ici.RDI … #SecretProject2018 #cafe #jusorange #imacbook #ecrire #coffee #writing

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Ça avance tout ça… mais le temps passe si vite! #secretproject2018 #redaction #deadlines

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Fait froid, mais tellement heureux de ma rencontre avec mes éditeurs 💕#secretproject2018

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À suivre !

Mes participations au Salon du livre de Montréal 2016

Mes participations au Salon du livre de Montréal 2016

14615584_10154430827780239_3879020073421992483_oComme à chaque année, je vais faire mon petit tour au Salon du livre de Montréal. Mais cette année, je vais avoir l’honneur d’y participer activement, pour au moins trois rendez-vous !

D’abord, il ne faut pas manquer l’inauguration officielle du Salon  qui, cette année, souligne la littérature en provenance du Mexique! C’est le mercredi dès 17h. Il y aura, entre autres, l’annonce des livres nommés pour le Prix des libraires de la dernière année!

Je vais rencontrer (avec plaisir) l’auteure Mélissa Verreault pour une discussion entre libraire et auteure, à l’Agora dès 19h00, jeudi le 17.

Le lendemain, je vais être du panel intitulé « Le Club de lecture Affaires présente : Faire de son livre un projet d’affaires, est-il possible ? » en compagnie d’intervenants du milieu des affaires et du livre. À l’Agora, le 18 novembre, 12h15.

En soirée, j’ai l’honneur d’animer une rencontre avec l’auteur Yves Beauchemin ! Écrivain phare de la littérature québécoise, Yves Beauchemin nous revient avec « Les Empocheurs », un roman truculent et vif dans lequel il s’amuse avec sa verve et son humour caractéristiques à railler la gourmandise pour l’argent et le pouvoir de certains de nos contemporains. Place Confort TD, 19h00.

Je compte bien faire le tour des différents stands pour croiser mes amis et collègues et, comme toujours, faire mon groupie et discuter avec mes auteurs / éditeurs préférés… Et y faire de nouvelles découvertes!

Au plaisir de vous y croiser. Ça se passe au Salon…

Salon du Livre de Montréal 2016

16 au 21 novembre 2016 

Place Bonaventure, Montréal

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Votre carnet du visiteur

 

 

En entrevue pour le blogue littéraire « Page par page »

En entrevue pour le blogue littéraire « Page par page »

Toujours inspiré par les lecteurs allumés et curieux, il me fait plaisir d’échanger avec eux ! J’ai eu le bonheur de rencontrer l’une des cofondatrice d’un nouveau blogue littéraire fort intéressant : « Page par page« .

Je vous invite à lire le récit de cette belle rencontre où j’ai parlé du métier de libraire,  fait quelques confidences, proposé des choix de lectures…

Profitez-en pour découvrir un blogue littéraire à mettre déjà dans vos favoris !

(C) Page par Page /  Françoise Conea

« Je me souviens de ma première journée chez Archambault. Je me suis alors vraiment demandé : Mais où étais-je tout ce temps-là ? Ça été une véritable révélation. Ce travail combine toutes mes passions pour la culture et le service à la clientèle. »

 Lire l’entrevue ici.

Laissez-moi vous raconter une belle histoire

Laissez-moi vous raconter une belle histoire

Le 22 septembre dernier, j’ai eu l’immense plaisir (et l’honneur!) de participer au tournage de l’émission de Marina Orsini, sur les ondes de Ici.Radio-Canada Télé, dans le cadre du Club de lecture.

2016-09-22_09_30_00_marina_0128_01En compagnie de la toujours charmante Claudia Larochelle et la gentille Valérie Guibbaud, nous avons échangé sur le magnifique petit livre de Boucar Diouf : « Rendez à ces arbres ce qui appartient à ces arbres » , publié aux Éditions LaPresse. (Vous pouvez revoir l’émission ici.)

Une expérience enrichissante qui m’a permis de rencontrer beaucoup de monde intéressant, de discuter de livres et de littérature dans un autre médium… Mais, ce qui a de plus beau, depuis la diffusion de la chronique, je rencontre des clients à la librairie ou ailleurs et qui me parlent de ce livre.

 Je me permets de vous raconter une belle histoire à ce sujet.

 Hier, mon conjoint m’annonce que notre charmante voisine va passer nous remettre un petit cadeau. Cette voisine est un dame du « bel-âge » que je croise à l’occasion, derrière chez-nous dans notre cour.

 Rapidement, au moment où nous avons acheté notre maison, nous avons échangé quelques discussions et j’ai rapidement compris que c’était bien plus qu’une dame charmante et ouverte, mais aussi (et surtout) une grande lectrice! Nous avons rapidement échangé sur nos lectures et elle s’est dite surprise d’apprendre que j’étais libraire.  J’étais sous le charme et je lui ai promis de lui proposer des titres à lire, lorsqu’elle aurait terminé sa « pile de livres »  empruntés à la bibliothèque du quartier.

 Donc, elle est venue nous apporter un petit cadeau (de magnifiques linges à vaisselle tricotés à la main) pour souligner notre amitié.  Elle avait une autre belle surprise pour moi! Elle m’a raconté que l’autre soir , après une visite chez une vieille amie, elle ne trouvait pas le sommeil. Elle s’est mise au tricot et elle a ouvert la télévision. À cette heure-là, on rediffusait l’émission de Marina Orsini .

 C’est avec le plus beau des sourires et les yeux vifs, elle me raconta le moment où elle m’a reconnue! Elle m’a dit que nous avions une belle discussion et qu’elle a tout de suite eu envie de lire ce petit livre de Boucar. Mais aussi, elle voulait en offrir à sa famille… Ça me fait toujours plaisir de voir à quel point, la littérature et les livres peuvent rapprocher les gens…

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Je n’étais pas au bout de mes surprises.

Elle m’a avoué avoir été touchée par mes souvenirs d’enfance en Gaspésie que m’avait inspiré la lecture de ce livre et auxquels je faisais référence dans la discussion. Elle a alors ajouté qu’elle s’était souvenue de la première fois où elle avait remporté un concours de « rédaction » à l’école primaire. Dans ce texte gagnant,  elle avait raconté l’histoire d’une petite fille qui faisait parler les arbres de son quartier!

C’est le coeur rempli de joie que nous avons poursuivi notre discussion sur mon travail, mes différentes chroniques, sur nos livres préférés et sur les deux livres d’Elena Ferrente (« Une amie prodigieuse » ) que je lui avais conseillé en début d’été et qu’elle a adoré!

Mais ce qui a de plus beau, c’est l’histoire qu’elle m’a racontée au sujet de sa soeur à qui elle avait donné un rein, il y a bien longtemps et qui est malheureusement décédée depuis, mais dont la vie est maintenant racontée dans les pages d’un livre. Ce récit fut écrit par une autre de ses soeurs et il est basé sur les notes laissées dans un journal intime de cette femme, partie trop rapidement…

Elle m’en a remis une copie. Je lui ai promis de le lire, bien emmitouflé dans une « doudoune » , au pied d’un arbre, au moment où les feuilles d’automne tomberont…