Les éditeurs, tant d’ici que d’ailleurs, vous proposent une panoplie de nouveautés qui fera saliver d’envie les lecteurs les plus avides !

Voici un aperçu de ce que les éditeurs québécois proposeront à étaler sur les rayons de votre libraire préféré, cet automne!

* Notez que les dates sont sujet à changement sans préavis.

2 septembre

Claire Legendre – Bermudes (Leméac)

“Venue d’Europe sur les traces d’une écrivaine disparue dont elle doit écrire la biographie, la narratrice de Bermudes a tout quitté pour recommencer une vie nouvelle. De Montréal jusqu’à la Côte-Nord, elle poursuit le fantôme d’une femme qui lui ressemble comme une soeur. Dans ce voyage sensuel et mélancolique, ceux qu’elle rencontre sont des révélateurs ou des compagnons de résilience : un homme politique insaisissable, un musicien à la célébrité encombrante, les habitants d’une île où une autre vie semble possible… Mais son enquête la renvoie sans cesse à sa propre errance et à son passé. N’est-ce pas toujours soi-même qu’on cherche dans les livres des autres ?”

Dans ce nouveau roman, le premier depuis 2013 Claire Legendre renoue avec l’universalité du soi et l’écriture vif des émotions, à travers un texte sensible autour de la disparition et des traces laissées par l’espoir.

Karoline Georges – La mue de l’hermaphrodite (BQ) 

Premier roman de Karoline Georges et premier roman de la génération techno paru en 2001, La Mue de l’hermaphrodite porte un regard
dérangeant sur le début du XXIe siècle et étonne par son actualité vingt ans
plus tard. À travers le genre de la science-fiction, l’autrice explore avec
acuité les enjeux éthiques liés aux identités de genre, au contrôle
technocratique par la surveillance à outrance, à la consommation de
drogues et au désir perpétuel de l’humain de fuir le réel. Emprisonné dans une cellule expérimentale sous l’oeil avide du cyberréseau, un être né hermaphrodite doit se confesser d’un crime. Face à ses détracteurs invisibles, l’hermaphrodite s’ausculte et se raconte tout en condamnant l’État qui l’a créé. Le roman suit cet être jusqu’au bout de sa marginalisatio : de son enfance hyper médiatisée, à la déchéance de son corps, en passant par sa conquête d’un empire de psychotropes jusqu’à la mue terminale d’Hermany Mésange.

À l’instar d’un Orwell ou d’un Huxley, Karoline Georges, l’écrivaine gagnante du Prix du Gouverneur Général pour “De Synthèse”, utilise les codes de la Science-Fiction pour articuler ses réflexions souvent pertinentes sur l’identité sexuelle, les rapports troubles entre individu, collectivité et État.

Emmanuelle Caron – Les lois du jour et de la nuit (Heliotrope)

“Son mari Armand parti à la guerre, Marguerite retourne vivre avec son fils dans l’étrange forêt qui l’a vue grandir. Ce faisant, elle doit renouer avec Ornella, une mère tyrannique qui, dans son atelier de parfumerie, se livre toujours à ses rituels occultes. Autour de la maison, un grand chien rôde, les poules sont égorgées, une glaire blanchâtre recouvre les plantes du sous-bois. Et un géant, venu rallumer le feu dans l’âtre, lui apprend qu’une ennemie d’Ornella prépare sa vengeance. Marguerite, pour protéger son fils, n’aura d’autre choix que de participer à l’affrontement.

Pendant ce temps, en Indochine, Armand est fait prisonnier. Dans la colonne de captifs en marche vers les camps, il suit son camarade, Camille, qui a imaginé leur fuite. Au détour du sentier s’ouvrira une brèche dans la jungle : il leur suffira de se laisser glisser vers le fleuve noir, où les crocodiles les attendent, et peut-être aussi, au bout d’un long périple, leur salut.”

Ce roman envoûtant aux accents gothiques raconte le combat de deux personnages, séparés par des milliers de kilomètres, contre des forces obscures et dévorantes.

Claude Champagne – La dernière fois qu’on l’a vu, c’est au Perrette (Stanké)

En juin 1978, les Allô Police traînent sur les tables d’appoint, on achète des Mr. Freeze au Perrette du coin et les petits gars du quartier rêvent à l’été. Sauf qu’une bande d’amis se rend compte qu’un des leurs, Mario Lessard, manque à l’appel : la dernière fois qu’ils l’ont vu, c’était au Perrette.

Après avoir été interrogés par des agents, les quatre copains dressent une liste de suspects et enquêtent à leur tour. En parallèle se déroule un récit de nos jours, entremêlé de souvenirs de cette autre époque. Quarante ans après la disparition de Mario, son corps a été retrouvé. Et les garçons devenus adultes désabusés, riches, pauvres ou ordinaires, assistent aux funérailles.

9 Septembre

Jocelyne Saucier – À train perdu (XYZ)

C’est sur un train qui sillonnait les régions reculées du nord de l’Ontario qu’est née Gladys. Avec sa fratrie et les enfants de la forêt qu’ils côtoyaient au fil des haltes, elle a vécu sur les rails des années de pur ravissement. A rencontré l’amour.
« Quand on a connu le bonheur, il est impossible de croire qu’il n’est plus possible. » Qu’est-ce qui a conduit cette optimiste forcenée, devenue une femme âgée, à se jeter sur un train puis un autre, échappant à toutes les tentatives pour la ramener à la maison? La question obsèdera ses amis proches et lointains, de même qu’un certain activiste des chemins de fer qui n’en démordra pas : quelqu’un, quelque part, doit savoir ce qui a conduit Gladys si loin de Swastika.

Un premier roman de la romancière depuis le méga-succès Il pleuvait des oiseaux (plus de 60 000 exemplaires vendus au Québec, et près de 250 000 mondialement), qui nous invite à renouer avec une des grandes voix de la littérature contemporaine; Une histoire qui nous amène dans le nord du Québec et de l’Ontario, territoires de prédilection de la romancière;
Une incursion dans l’univers singulier des trains, leur histoire, leur rôle essentiel pour la survie des régions éloignées : de quoi ravir les ferrovipathes!

Collectif sous la direction de Chrystine Brouillet – Ponts (Druide)

Charmée par la beauté brute des oeuvres composant la série « Ponts », de l’artiste montréalais James Kennedy, Chrystine Brouillet a invité douze créateurs à livrer un texte inspiré d’une pièce unique, chacune reproduite au début de la nouvelle s’y rattachant.

Avec la participation de Marie-Eve Bourassa, Claudine Bourbonnais, Benoît Bouthillette, Chrystine Brouillet, R.J. Ellory, Claude A. Garneau, David Goudreault, François Lévesque, Tristan Malavoy, Martin Michaud, Ariane Moffatt, Marie-Ève Sévigny et Johanne Seymour.

Pont Victoria, pont de la Confédération, pont de Brooklyn… Monstres d’acier ou de béton, ces silhouettes massives occupent le paysage urbain et se fondent parfois au décor jusqu’à s’y faire oublier. Or, ils sont ici ramenés à l’avant-scène pour devenir le moteur de récits inédits. Alors que certains sautent dans le vide pour noyer leur mal-être, d’autres voient le mythique saut de l’ange comme une renaissance. Entre un futur proche où l’on coupe les ponts et une dynastie familiale sur le déclin émergent des problèmes de jeu, des couples en péril, mais aussi la grandeur de l’enfance et des retrouvailles inattendues. Voici treize nouvelles dérivant entre le bien et le mal, l’admiration et les désillusions, dans une danse complexe où toujours se dresse le pont, à la fois lien et tremplin.

Antoine Charbonneau-Demers – Daddy (VLB Éditeur)

C’est l’histoire d’un jeune homme, ancien acteur tanné de jouer des hétéros, devenu écrivain, qui soigne une vilaine chlamydia dans les premières semaines de la pandémie. Appelons-le Fiston. Fiston pense à Daddy, son amant banquier de vingt ans plus âgé que lui, au pénis énorme qui n’aime pas les livres. Ensemble, ils ont vécu une aventure torride. Le problème, c’est que Daddy lui a dit « mon amour », un jour, puis une autre fois, « je t’aime » ; il s’est excusé, mais il l’a redit. Daddy est amoureux, et Daddy est jaloux. Ça gâche tout.

 On retrouve dans le roman les amies fidèles, L et K, et le souvenir vivant d’une mère morte, et un père qui est le plus grand fan du jeune écrivain sulfureux. Et aussi, l’affreux roman de Nabokov, et l’ombre de Nelly Arcan, et la femme à la cravate de Modigliani, et Marie Kondo.

16 septembre

Catherine Leroux – L’avenir (Alto)

Dans une version imaginée du Détroit que l’on connaît, Gloria s’installe dans une maison à demi-morte. Étrangère dans une ville qui a connu toutes les fins du monde, elle cherche à déterrer la vérité sur le crime qui a avalé sa famille. Petit à petit, elle prend la mesure de la désolation et de la violence qui l’entourent, mais aussi de la beauté d’une nature qui retrouve ses droits et de la résilience des humains qui tiennent bon. Au sein d’une communauté têtue et généreuse, elle s’éprend de la complexité de ce lieu où les rivières guérissent et empoisonnent, où les enfants fondent des royaumes dans les arbres, où les maisons brûlent pour mieux repousser, où la jeunesse arrache sa vie à l’ancien monde, et où passé et futur sont confondus dans un même mouvement libérateur. Plaidoyer pour une humanité renouvelée, L’avenir sonde dans une langue ample et évocatrice la profondeur de notre déroute, la persistance de la vie et toute la force de ce qui cherche à advenir. 

Catherine Leroux est née en 1979. Après avoir exercé divers métiers dont celui de journaliste, elle a publié en 2011 son premier roman, La marche en forêt, finaliste au Prix des libraires du Québec. Le mur mitoyen, paru deux ans plus tard, a été lauréat du prix France-Québec, et sa version anglaise a été en lice pour le prix Giller. 

Mathieu Leroux – Avec un poignard (Heliotrope)

Criblé de déceptions amoureuses et filiales, un homme décide d’aller se perdre à Las Vegas. Pris entre la consommation des corps et de substances diverses, il s’abandonne à la bête qui sommeille en lui. Des mois plus tard, on le retrouve à Berlin où il tente de comprendre la brutalité qui l’habite et l’engourdissement général qu’il ressent.

Entre l’intime et la violence, ce deuxième roman de Mathieu Leroux porte sur la mémoire, le deuil et les relations factices.  

29 septembre

D’autres mondes 15 autrices, 15 nouvelles d’horreur

Des textes de Violaine Charest-Sigouin, Marianne Dansereau, Jeanne Dompierre, Karoline Georges, Ève Lemieux, Andrée A. Michaud, Amélie Panneton, Lily Pinsonneault, Kiev Renaud, Sylvianne Rivest-Beauséjour, Rosalie Roy-Boucher, Chloé Savoie-Bernard, Élise Turcotte, Chloé Varin et Laurence Veilleux

 La critique du premier tome a été unanimement enthousiaste, tant dans les médias grand public que spécialisés. Suite logique de Monstres et fantômes, D’autres mondes est un collectif où quinze écrivaines ont relevé le défi d’écrire une nouvelle dans des genres qui ne leur sont pas habituels: la dystopie et l’horreur.

Juan Joseph Ollu – Présents composés (Annika Parance)

Bad boy. Cette expression, plus encore que « mauvais garçon » traîne avec elle un cortège d’images et d’impressions, plus ou moins clichées, plus ou moins vraies, mais très cinématographiques. On pense par exemple à James Dean, ou aux jeunes Marlon Brando et Alain Delon. Aux « skaters » de Larry Clark. Aux chauffards des films de voitures de course des années 50. Aux jeunes paumés des films néo-réalistes du cinéma italien. À l’univers de la nuit, à ceux du rock ou du hip-hop.

Un bad boy, c’est un concept qui englobe tout et rien à la fois, et sa définition varie selon le contexte culturel ou social, l’époque, mais aussi les fantasmes et les expériences de chacun. Dans « Présents composés », le concept est à la fois dilué et questionné. En effet, à travers les personnages, il peut y être garçon ou fille, hétérosexuel ou homosexuel, n’en garder que quelques aspects. Les héros de ces cinq nouvelles suivent leur voie coûte que coûte, veulent être libres, vivre comme ils l’entendent en refusant la soumission, mais parfois ils découvrent qu’être un bad boy ou une bad girl n’est pas toujours facile et qu’il faut faire des choix, des concessions pour rester fidèle à soi-même ou pour ne pas perdre les gens que l’on aime. Mais jusqu’à quel point?

Catherine Mavrikakis – L’absente de tous les bouquets (Heliotrope)

“Tu n’as jamais cultivé ton jardin”.

C’est avec ces mots que s’ouvre l’adresse d’une fille à sa mère disparue. La phrase pourrait sonner comme un reproche, pourtant il s’agit plutôt d’une invitation à la conversation dans un jardin littéraire où, malgré la peine et la douleur, les roses, les pivoines et les jacinthes continuent d’éclore.

Dans ce récit-hommage, il est question de fleurs, de renaissance, d’appel à des temps meilleurs et de comment le monde peut refleurir.

Figure majeure des lettres d’ici, CATHERINE MAVRIKAKIS est l’auteure d’une dizaine de romans, dont Les derniers jours de Smokey Nelson, Le ciel de Bay City et L’Annexe. Son œuvre, traduite en plusieurs langues, a été maintes fois récompensée (Prix des collégiens, Prix des libraires, Grand Prix du livre de Montréal).

6 octobre

Fanny Britt – Faire les sucres (Cheval d’Août)

L’argent ne fait pas le bonheur, paraît-il, mais ne donne-t-il pas l’occasion de s’arrêter, de « penser à soi » ? Comment ne pas voir l’absurdité de cette affirmation, « penser à soi », comme si ce n’était pas ce que nous faisons déjà la majorité du temps ?

Dans ce roman choral sur la dislocation progressive d’un couple, Fanny Britt creuse sans merci la question de nos privilèges. On y rencontre Adam et Marion, dont la vie auréolée de succès sera mêlée à celle de Celia, qui a compris quelque chose du monde qu’ils ne savent pas encore.

Faire les sucres parcourt d’un pas vif le Montréal prospère des foodies et des artistes du divertissement, visite une fabrique de bonbons salés sur l’île de Martha’s Vineyard au Massachusetts, assiste aux répétitions d’une chorale anglophone, et écoute monter l’eau dans les arbres d’une érablière de la région d’Oka. Avec son étonnant talent pour orchestrer les conduites de ses personnages et révéler leurs pensées les plus secrètes, Fanny Britt, cinglante et tendre, montre comment nos vies sont liées à celles des autres, ceux qu’on aime comme ceux qu’on exploite.

Fanny Britt est écrivaine, dramaturge, scénariste et traductrice. Elle compte une quinzaine de pièces de théâtre à son actif, dont Bienveillance, lauréate du prix du Gouverneur général du Canada en 2013, Hurlevents (2018) et Lysis (2020), écrite avec Alexia Bürger. Ses deux romans graphiques illustrés par Isabelle Arsenault, Jane, le renard et moi et Louis parmi les spectres, ont été traduits en une dizaine de langues et ont valu à leurs autrices de nombreuses distinctions. Elle a publié deux essais féministes, Les tranchées (2013) et Les retranchées (2019), chez Atelier 10. Les maisons, son premier roman, a été finaliste pour le prix France-Québec et le Prix littéraire des collégiens, et a figuré sur la liste préliminaire du Prix des libraires en 2016.

Simon Boulerice – Pleurer au fond des mascottes (Québec-Amérique)

Simon se dévoile ici comme jamais, dans un récit pétillant rempli d’émotions fortes, parfois très touchant et à d’autres moments, très drôle. Pourquoi Simon sourit-il autant ? Que cache-t-il derrière ce sourire continuel ? Que camoufle-t-il derrière les costumes de mascotte qu’il emprunte ou sous les masques qu’il revêt ? D’où vient cette légèreté, pourquoi tant de juvénilité chez lui ? Simon tente de répondre à ces questions en revisitant sa vie depuis l’enfance. Il y va, il se dévoile, se donne à fond, avec une gravité qui prend aux tripes… et qui fait parfois sourire.

La Collection III  renferment chacun trois récits inspirés de moments marquants dans la vie de leur auteur. Peut-être s’y glisse-t-il une part d’invention. Peut-être pas – Catherine Mavrikakis et Marc Seguin entre autres.

Valérie Plante / Simone Simoneau : Chronique d’une femme en politique (Quai No.5/XYZ)

Simone Simoneau, Sissi pour les intimes, veut en faire plus. Engagement citoyen, justice sociale, environnement, place des femmes : pour que la société évolue selon ses idéaux, ne faut-il pas sauter dans la mêlée ? L’invitation du parti Action/Réaction à être candidate dans un arrondissement populaire aux prochaines élections municipales tombe à point ! Au croisement des univers de VALÉRIE PLANTE, mairesse de Montréal, et de DELPHIE CÔTÉ-LACROIX, illustratrice maintes fois primée, cette Chronique d’une femme en politique se veut une oeuvre ludique et personnelle mettant en lumière le parcours d’une citoyenne qui décide, malgré les contraintes des rouages politiques, de suivre son instinct.

Un tandem formé par la très médiatique mairesse de Montréal et la récipiendaire du GG 2019 pour le livre illustré devrait recevoir une attention immédiate.

Dans un habillage visuel d’une grande beauté, nous avons ici une sorte d’introduction à la politique active – et plus largement à l’engagement citoyen – qui touchera un large lectorat intéressé par la chose publique.

Ce livre parle des difficultés de la vie politique, mais toujours de façon ludique et rieuse, rendant l’ensemble particulièrement accessible.

L’illustratrice Delphie Côté-Lacroix a décroché un prix du Gouverneur général en 2019, pour Jack et le temps perdu, son ouvrage réalisé en tandem avec l’autrice Stéphanie Lapointe (Quai no5).

C’est durant ses études en graphisme au Cégep de Sherbrooke que l’illustratrice, qui signe ici sa première bande dessinée, tombe en amour avec l’illustration. Elle poursuit son exploration artistique à Montréal, à la Faculté des beaux-arts de l’Université Concordia.

Une traduction anglaise du livre paraîtra également à l’automne 2020 chez Drawn+Quarterly.

Michel Duchesne – L’écho des chaudrons (Leméac)

Mathieu, l’écrivain public, rides again, cette fois à la cuisine collective Les Fourchettes d’Or, sur laquelle veille l’ombre spectaculaire et la présence ponctuelle de l’ancien acteur André Montmorency.

À travers le quotidien d’une série de personnages truculents gravitant autour de la cuisine communautaire, c’est le vrai monde que l’auteur illustre ici, avec son sens aigu du dialogue et une drôlerie qui n’exclut jamais la tendresse. Un regard à la fois acerbe et très affectueux sur notre société.

Dramaturge, réalisateur et scénariste, Michel Duchesne travaille dans le milieu culturel depuis plus de vingt ans. Les trois saisons de sa série Écrivain public, basée sur son travail communautaire dans HoMa, ont été primées aux Gémeaux et à l’international. Leméac a publié le roman du même nom en 2016 ainsi que La Costa des seuls en 2018.

Martine Desjardins – Méduse (Alto)

Dès l’enfance, elle apprend à baisser la tête. On l’a sommée d’épargner aux autres la vue de ses Difformités, qu’elle cache derrière ses cheveux. On la surnomme Méduse depuis si longtemps qu’elle en a oublié son véritable prénom.

Chassée du foyer familial pour avoir accidentellement révélé ses Accablances, elle est confinée à l’Atheneum, où l’on préserve la belle société de la vue des jeunes filles disgracieuses. Dans le ventre de ce lieu lugubre où les Bienfaiteurs s’adonnent à des jeux sournois, Méduse découvre peu à peu les étonnantes mais dangereuses facultés de ses Révoltances.

Le jour où elle en émerge enfin, elle apprend que ce qui l’a exclue du monde lui permettra aussi de le dominer, que l’ignominie n’est pas là où elle le croyait. Après avoir affronté la cruauté et ses propres pulsions, c’est désormais son propre regard, qui révulse les femmes et terrasse les hommes, que Méduse devra braver.

Martine Desjardins signe ici un récit incendiaire sur la honte du corps, l’oppression et le pouvoir de la féminité. Un renversement des rapports de force qui jette une lumière à la fois crue et raffinée sur la monstruosité. Martine Desjardins est née à Mont-Royal, dans la rue où elle vit encore aujourd’hui. Après des études de littérature comparée, elle a travaillé pour plusieurs magazines et a tenu la chronique Livres à L’actualité pendant des années. Lauréate du prix Ringuet pour L’évocation, elle a reçu deux fois le prix Jacques-Brossard pour Maleficium et pour La chambre verte, lequel a aussi été sélectionné au Prix des Horizons imaginaires.

2 Novembre

Kim Thúy – EM (Libre Expression)

Kim Thúy approfondit son style si unique en proposant un roman d’une complexité et d’une maturité accrues. Plus audacieux que ses romans précédents, Em, qui en vietnamien désigne le petit frère ou la petite sœur dans une famille, ou encore une amoureuse, emprunte à l’histoire un canevas à la fois tragique et plein d’humanité.

À travers les destins imbriqués d’une famille de personnages, le nouveau roman de Kim Thúy aborde autant l’opération Babylift, qui a évacué des milliers d’orphelins de Saigon en avril 1975, que l’industrie du vernis à ongles et des salons de manucure, en passant par les plantations de caoutchouc.

Et bien entendu, des centaines d’autres à découvrir auprès de votre libraire indépendant préféré !


Quel(s) est (sont) le(s) livre(s) dont vous attendez la sortie avec le plus d’impatience ?

le_vecteur
contact@levecteur.info

2 thoughts on “Les incontournables de la rentrée québécoise 2020 !”

  1. Merci de publier les livres québécois de la rentrée. De donner une place à nos auteurs d’ici.
    Vous répondez à une réflexion que j’ai eu dernièrement à l’effet que la rentrée littéraire québécoise n’avait pas la place qu’elle méritait. De belles lectures à venir !

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